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Le chat qui voulait sauver les livres : doudou littéraire ou leçon de morale ?

Photo du rédacteur: SUCHET Doriane
SUCHET Doriane
21 août
3 min de lecture

Si vous aimez les histoires de chats, les librairies qui sentent le papier ancien et les tasses de thé fumantes, vous êtes probablement déjà tombés sur ce petit roman japonais au succès retentissant. Écrit par Sosuke Natsukawa, Le chat qui voulait sauver les livres promet sur le papier un voyage merveilleux au pays des amoureux des belles lettres. Mais sous ses airs de fable réconfortante, que vaut vraiment ce conte moderne ? Attrapez votre tasse, on déballe ça ensemble (et garantit sans spoil !).


C’est l'histoire d'un chat, d'un ado et de beaucoup de poussière...


Le point de départ est classique mais redoutablement efficace. On suit Rintaro Natsuki, un lycéen discret, un brin solitaire et carrément "hikikomori" (comprenez : il adore rester enfermé chez lui). À la mort de son grand-père, Rintaro hérite d'une librairie d'occasion un peu vétuste, remplie de trésors oubliés et baignée dans une lumière tamisée. Alors qu'il se résigne à fermer la boutique et à déménager, un chat tabby qui parle (et qui ne manque pas de culot) fait son apparition.

Ce félin nommé Tiger (ou plutôt "Le Chat") a une mission d'urgence pour notre héros : l'emmener dans des mondes parallèles pour délivrer des livres en danger. Rien que ça.


Un hommage vibrant à l'objet "livre"


Soyons honnêtes : si vous lisez cet article, c'est que vous avez un faible pour la littérature. Et sur ce point, Sosuke Natsukawa touche en plein cœur. Le roman est une véritable déclaration d'amour aux bouquins, à l'odeur du papier, à la beauté des reliures et à la magie lente de la lecture.

L'auteur nous rappelle à quel point un livre n'est pas un simple produit de consommation, mais un objet doté d'une âme. Dans notre monde où tout va trop vite, faire une pause pour feuilleter de vieux classiques résonne comme un acte de résistance poétique.


Une structure très cyclique : le schéma du jeu vidéo


Côté construction narrative, ne vous attendez pas à un thriller aux mille rebondissements. Le roman adopte une structure extrêmement cyclique, presque répétitive, qui rappelle les niveaux d'un jeu vidéo ou les contes de fées traditionnels.


L'intrigue se découpe en plusieurs "labyrinthes". Le schéma est quasi systématiquement le même :


  • Le chat débarque à la librairie avec une nouvelle crise.

  • Rintaro franchit une porte magique.

  • Il rencontre un "méchant" (un archétype de mauvais lecteur ou d'acteur du monde du livre).

  • Un débat philosophique s'engage.

  • Rintaro l'emporte grâce à son bon sens et son amour sincère des textes, puis revient à la case départ.


Cette cyclicité a un côté très rassurant et "cocooning", parfait pour une lecture du soir sans prise de tête. En revanche, si vous cherchez une intrigue complexe avec des retournements de situation imprévisibles, vous risquez de trouver le temps un peu long à partir du deuxième labyrinthe !


Un roman très (trop ?) moralisateur


C'est là que le bas blesse un peu, et c'est sans doute le point le plus clivant du livre. Derrière la mignonnerie du chat et la nostalgie de la librairie, Sosuke Natsukawa déroule une critique très directe, et parfois franchement donneuse de leçons, du monde de l'édition moderne.

À travers les différents labyrinthes, l'auteur s'en prend à plusieurs profils :


  • Le collectionneur qui empile les livres dans des vitrines sans jamais les lire (la lecture comme simple faire-valoir social).

  • Le partisan de la lecture rapide qui résume les chefs-d'œuvre en trois puces pour gagner du temps (spoiler : lire vite n'est pas lire bien).

  • L'éditeur cynique qui ne publie que des best-sellers jetables pour faire du chiffre au détriment de la qualité.


Si le fond du message est plutôt noble (redonner du sens à la lecture), la forme manque parfois de nuance. Les dialogues ressemblent souvent à des petits exposés philosophiquesle héros fait la morale à des adultes déconnectés. C'est un ton très orienté "développement personnel" qui peut agacer si l'on préfère la subtilité aux grands discours explicites.


Alors, on lit ou on passe son tour ?


Le chat qui voulait sauver les livres est une lecture courte, douce et idéalement saisonnière. Ce n'est pas le grand chef-d'œuvre de la littérature japonaise, mais un conte moderne accessible à tous, des ados aux adultes.


Vous allez aimer si :


  • Vous cherchez une lecture doudou, rapide et sans prise de tête.

  • Vous êtes un amoureux nostalgique des librairies à l'ancienne.

  • Les métaphores simples et les fables morales vous touchent.


Vous risquez d'accrocher moins si :


  • La répétitivité dans un récit vous ennuie rapidement.

  • Vous préférez les histoires où la morale est implicite plutôt que martelée.


En bref : une jolie parenthèse littéraire à savourer avec une boisson chaude, pour se rappeler pourquoi, nous aussi, on aime tant perdre notre temps au milieu des pages.


Et vous, vous l'avez-vous lu ? Qu'en avez-vous pensé ?

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