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Chronique : The Way I am Now, Amber Smith [SPOIL]

Photo du rédacteur: LE NÉVEZ Cassandre
LE NÉVEZ Cassandre
8 mai
6 min de lecture

Après avoir lu The Way I used to be en une journée, j’ai évidemment commencé le second tome dans la foulée. D’ailleurs, si vous n’avez pas encore lu ma chronique dessus, je vous invite à aller le faire avant de lire celle-ci. 

On retrouve donc Eden et Josh, cette fois ci à travers une alternance des points de vue qui a apportée une réelle fraîcheur à l’histoire. J’ai adoré connaître les pensées de Josh sur chaque situation, et notamment son ressenti lors des évènements du premier tome sur lesquels il revient parfois. Si The Way I used to be se centre sur la survie d’Eden, The Way I am now suit sa guérison et, surtout, sa confrontation avec ce qui lui est arrivé plusieurs années auparavant.  

 

Le livre commence alors qu’Eden est en couple avec Steve, et je n’ai pas du tout compris comment ça en était arrivé là. Si Steve semble tout à fait gentil et respectable, l’auteure arrive très bien à nous montrer qu’Eden n’est pas du tout à l’aise dans cette relation. Et pour cause, elle a été à moitié forcée par Mara et son copain, mais aussi par Steve lui-même qui, après les horreurs qu’il lui a dites dans le tome précédent, est visiblement revenu en force quand il a appris ce qui était arrivé à Eden. Et j’ai détesté ça. D’ailleurs, j’ai aussi détesté le fait que Mara soit toujours amie avec Eden comme si elle n’avait pas été la pire amie du monde. Eden méritait de trouver des vrais amis après toute cette histoire. J'aurais d'ailleurs aimé avoir la réaction de Mara et des parents quand ils ont appris l'horreur qu'avait subi Eden. 

 

En bref, tout le monde « pardonne » Eden pour son comportement quand ils ont appris la raison derrière. Mais quand est-il du pardon d’Eden ? Elle est limite forcée de pardonner tout son entourage pour avoir été les plus égoïstes et aveugles personnes qui soient, alors qu’eux n’avaient aucune excuse. 

 

Petite chose que j’ai écrite dans mes notes au cours de ma lecture pour extérioriser : « Mara ferme ta g***le à te plaindre de ton père et sa petite amie depuis que t'as 14 ans. La moitié des gens dans le monde ont des parents séparés et n’en fait pas leur entière personnalité, sois contente que ton père ait retrouvé quelqu'un. »  

Comme vous l’aurez compris, elle est toujours aussi imbuvable. 

 

Revenons à des choses plus joyeuses. La relation entre Josh et Eden était une vraie bouffée d’air frais. L’auteur a réussi à écrire une romance tellement douce et simple qu’elle contrebalançait presque l’horreur de la situation. Josh est tout simplement PARFAIT. Il est à l’écoute, patient, et surtout tellement amoureux que j’en ai eu des frissons et des sourires idiots. 

Avoir son point de vue nous permet d’apprendre qu’il s’est séparé de sa copine le soir où il a rejoint Eden en pleine nuit dans le premier tome (et que c’est même la cause de la rupture). Je dois avouer que j’ai été rassurée en lisant ça, j’avais un peu mal digéré le baiser entre Eden et Josh le soir de leurs retrouvailles alors que Josh venait de lui dire qu’il était dans une relation sérieuse. On comprend quand même que la fameuse ex-copine ait très mal pris le départ de son copain en pleine nuit pour aller retrouver son ex après deux ans sans nouvelles (mais raison de plus qui fait de Josh le bookboyfriend, toutes ses actions démontrent à quel point il chérit Eden). 

 

J’ai été anéantie et surtout très frustrée par la rupture entre Josh et Eden (crise des 80% quand tu nous tiens) : elle semble forcée pour les besoins de l’histoire. Certes, Eden était en tort, elle savait qu’elle n’avait pas correctement pris sa pilule et a quand même couché avec Josh sans protection et, surtout, sans le prévenir. Pour autant, j’ai trouvé la réaction de Josh disproportionnée. Même si je me doute que c’était une accumulation et qu’il ne pensait pas ses mots, j’aurais aimé avoir une vraie explication lors du chapitre suivant de son point de vue. Mais bon, cette séparation était indispensable, même si elle aurait pu - aurait dû – être amenée d’une meilleure façon. Eden avait besoin de prouver qu'elle pouvait tenir debout sans être portée par Josh, et Josh devait apprendre à gérer sa quasi-obsession pour Eden et son horreur face à ce qui lui était arrivé de manière saine. Ce temps à part est ce qui leur permet de revenir l'un vers l'autre sur des bases solides et adultes : Eden semble enfin aller mieux, elle quitte son temps partiel et se remet à la musique, tandis que Josh quitte enfin l’équipe de basket (et se laisse pousser une barbe, ça j’ai moins aimé). 

J’ai quand même bien aimé voir Josh galérer à récupérer Eden et lui courir après pendant plusieurs semaines alors que c’était lui qui avait « rompu ».  

 

Un petit mot d'ailleurs pour le père de Josh qui s'avère être une figure paternelle bien plus touchante et solide que ce qu'on aurait pu penser dans le tome 1. En revanche, sa mère a été quelque peu exécrable lors de sa rencontre avec Eden. Heureusement qu’elle se rattrape lors de leur séparation ; j’ai beaucoup aimé voir leur dynamique à tous les trois lorsque Josh rentre chez ses parents pour Thanksgiving. Rien à voir avec les parents de Eden en tout cas… 

 

Vient finalement la partie redoutée : le procès de Kevin (l’agresseur de Eden et de deux autres jeunes femmes minimum). La retransmission de l'agressivité de l’avocat de la défense était tellement réaliste qu'elle devenait difficilement supportable. On a envie de hurler face à ces tactiques qui consistent à rabaisser la victime publiquement pour lui faire perdre ses moyens et ainsi blanchir un criminel. The Way I am now ne se contente pas de raconter une fiction, il expose la violence du système judiciaire et la réalité de milliers de femmes qui ont vécu la même chose. J’avais tellement besoin de partager ma haine (surtout à l’idée que ça existe réellement, qu’on demande vraiment aux victimes de viol si elles ont dit non avant de se plaindre) que j’ai envoyé plein de vocaux et une photo des pages à une amie (spoiler : ça l’a énervée aussi alors qu’elle a lu qu’une page). 

 

J’ai été tellement fière (on peut être fière d’un personnage qui n’existe pas ?) de Eden lors de la deuxième audience en janvier ! « Avez-vous dit non ? », « Il ne m’a jamais posé la question. » EXACTEMENT. DANS TES DENTS VIL MONSTRE D’AVOCAT. Et dire qu’il y a des avocats qui humilient des victimes et défendant des criminels tous les jours, se font beaucoup d’argent grâce à ça et dorment sur leurs deux oreilles le soir… 

 

J’ai aimé la fin « ouverte » : on ne sait pas si Kevin est reconnu coupable car, ce qui importait, c’était la guérison d’Eden. La victoire n’est pas la condamnation de Kevin, mais le fait qu’Eden aille mieux, elle a témoigné pour elle et les autres victimes (comme elle le dit dans le livre) et non pour Kévin. J’aurais quand même aimé savoir, mais j’imagine que ça n’aurait rien changé : soit il est coupable et tant mieux, l’histoire aurait fini pareil, soit il est gracié et ça aurait pu mener à un troisième tome inutile. 

 

 

The Way We Met 

J’en profite pour écrire un petit mot sur la micro nouvelle faisant suite à cette duologie qu’on peut trouver gratuitement sur le site de Gallimard. J’ai tendance à trouver ce genre de séquel/préquel/micro nouvelles inutiles et ennuyeuses (hein Shatter Me) mais là ça m’a fait plaisir de revoir Josh et Eden officiellement ensemble après les évènements du tome 2 ! On sait qu’ils vont se remettre ensemble, puisque la dernière chose qu’elle dit à Josh avant que le livre ne se termine est « Je suis prête [à recommencer notre relation] », mais cela se termine là-dessus et on ne les revoie pas ensemble. 

De plus, c’était juste la taille qu’il fallait, 30 pages, ni plus ni moins. D’ailleurs, on a enfin le plaisir de voir Eden dit enfin à Josh qu’ils se sont rencontrés pour la première fois lorsqu’il lui a foncé dedans dans le couloir seulement deux semaines après le drame (j’étais frustrée qu’elle ne lui ait jamais dit).  

Enfin, cette nouvelle a achevé de me réconcilier avec les parents de Josh. 

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