Chronique littéraire : Tout le bleu du ciel, Melissa DaCosta (SPOILER)
- LE NÉVEZ Cassandre

- 13 mars
- 12 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 mars
Bon. J’ai failli ne pas faire cette chronique sur Tout le bleu du ciel, car j’ai hésité à mettre en pause cette lecture pour la reprendre à un moment plus propice. Je précise que je ne comptais absolument pas DNF ce livre, il ne le méritait pas (j’ai DNF un seul livre dans toute ma vie, désolée Rimbaud). Simplement j’étais dans une période compliquée (je vais bien, pas de soucis, j’ai juste eu très peu de temps et beaucoup de choix à faire sur mon avenir en février) et puis, il n’était pas du tout à la hauteur de mes attentes.
Si mes attentes étaient élevées, ce n’était même pas grâce au Booktok (à qui je ne fais plus confiance), mais parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cette autrice en règle générale et que ce livre en particulier m’avait été recommandé à la fois par ma grand-mère et par ma tante (et même la mère de ma tante). Elles ont beau lire, et savoir que je lis, elles ne me recommandent que rarement des livres (peut être un tous les deux ans). J’ai donc tout naturellement foncé tête baissée. En plus, il avait de super notes et il promettait des grosses larmes (je crois que j’ai dû pleurer quatre fois dans ma vie à cause d’un livre et j’adore pleurer à cause des livres parce que ça prouve qu’ils sont tellement bien écrits que j’ai craqué).
Enfin bref, j’ai acheté le livre, il a dormi dans ma bibliothèque quelques mois (il est quand même assez long donc pas facile à démarrer) et puis je l’ai commencé début février avec impatience. Puis je l’ai à moitié abandonné avant de me demander si je ne devais pas l’abandonner tout entier.
Le problème étant que, si je mettais cette lecture en pause, je ne vous aurais jamais fait cet avis lecture. Je l’aurais repris dans plusieurs semaines en ayant oublié la majorité de ce qui s’était passé durant la première partie et j’aurais été incapable de donner un véritable avis construit sur le sujet. Et je tenais vraiment à faire cette chronique (parce que faut bien animer le blog quand même) car j’ai vu trop peu d’avis mitigés/négatifs sur ce livre et je voulais un peu nuancer la critique (pour qui je me prends ?) Non, la vraie vérité (j’adore les pléonasmes) c’est que j’avais plein de choses à dire, ça aurait donc été dommage de ne pas vous les dire.
Sachez ainsi que vous lecteurs avez été ma motivation à finir ce livre. J’espère donc que vous serez plus de trois (trois amis que j’aurais forcé) à lire cette chronique et que vous apprécierez votre lecture.
Posons le contexte : j’ai mis 25 jours à lire les 400 premières pages (moi qui voulais diminuer ma PAL…) et 5 jours pour finir les 600 dernières. Ce livre m’a donc pris 1 mois de mon temps… et c’est terriblement frustrant. Mon objectif de lire 70 livres est mal barré (à l’heure où je termine cette chronique, j’ai lu 4 autres livres depuis, tout n’est pas encore perdu. Et puis, vu que j’ai décidé de passer mon été au lit avec mes bons amis les livres, j’ai bon espoir d’atteindre mon petit objectif)
Pour être tout à fait honnête (j’aime cette expression et je suis toujours honnête), j’ai eu besoin de motivation et suis allée lire des avis positifs sur les réseaux sociaux et plateformes comme Booknode ou Babelio. Ce qui revenait le plus souvent, c’étaient les citations belles et tristes qui ont marqué les gens. Ça m’a un peu motivée. Mais, coup dur pour moi, j’ai été encore plus déçue : quand je tombais sur ces citations, leur contexte en faisait de simples phrases tirées d’un livre, ce n’étaient plus de jolies citations à même de me marquer. D’ailleurs, je ne pourrais même pas vous en citer une seule, parce que, justement, elles ne m’ont pas marquée.
Je ne suis pas une « mood reader », mais je pense honnêtement que vu la taille, le ton et les thèmes abordés, ce livre doit certainement être très sympa à lire en été, au bord d’une piscine, en sachant qu’on n’a rien d’autre à faire de la journée, de la semaine, que de se détendre.
Alors peut-être que c’est ma faute pour avoir entamé cette lecture en même temps que le début de mon tout premier stage, en plein hiver. Et que le fait que je fasse souvent des heures à rallonge n’a pas aidé. Mais j’étais sur une bonne lancée de lecture depuis le début de l’année et je pense que, si j’avais lu un autre livre, je n’aurais eu aucun problème à le terminer en moins d’une semaine malgré mon stage.
J’arrête de tourner autour du pot, parlons du contenu du livre. Pour ceux qui n’ont pas lu (et qui visiblement n’ont aucun problème à se faire spoiler), on suit l’histoire de Emile qui vient d’apprendre être atteint d’un Alzheimer précoce, il lui reste maximum deux ans à vivre. Il décide donc de tout quitter pour vivre à fond le peu de temps qu’il lui reste : il achète un camping-car, part sans prévenir ses proches et poste une petite annonce pour trouver un compagnon de voyage. Ce compagnon, ce sera Joanne, une jeune femme habillée tout en noir, qui ne quitte pas son chapeau et ne prononce pas un mot.
Toute la première moitié du livre m’a beaucoup ennuyée (comme vous l’aurez compris) : je comprends qu’il soit important de mettre en place le contexte, de poser la situation et présenter les personnages, que la maladie ne va pas empirer en un jour et que nos deux inconnus doivent apprendre à se connaître… mais j’avais l’impression de lire un guide touristique sur les plus belles randonnées à faire en France. Cela étant, je n’ai jamais été très « voyage », mais je pense que je ne suis pas la seule à m’être terriblement ennuyée en lisant des descriptions complètes des paysages et villages, et RIEN D’AUTRE.
Au-delà du fait que le début était extrêmement lent, il y a également plusieurs détails qui m’ont beaucoup déplu.
Déjà, j’ai besoin de m’exprimer sur cette histoire de méditation en pleine conscience… je suis la seule qui n’a pas été convaincue et ai trouvé ça redondant et inutile ? Peut-être est-ce parce que je ne suis personnellement pas touchée par tout ce qui a trait à ce sujet mais ça ne m’a fait que trouver le personnage de Joanne ennuyeux. Pour moi, c’était tout simplement la philosophie « vivre le moment présent », pourquoi parler de méditation à part donner un trait de caractère à Joanne (parce que visiblement c’était son seul trait de caractère) ? Et puis Emile qui n’arrêtait pas d’insister pour qu’elle lui apprenne cette fameuse « méditation en pleine conscience » … à la place de Joanne j’aurais fini par croire qu’il se foutait de moi (et je crois que c’était un peu le cas).
Et, pitié, je crois que le pire c’était sa fixette sur Léon ! Bon dieu, déjà qu’il a été hyper indiscret en écoutant l’appel téléphonique de Joanne qu’elle passait très clairement en pensant être seule (Joanne est au téléphone avec Léon dans la petite salle de bain du camping-car et Emile en profite pour tout écouter au lieu de sortir du véhicule quelques minutes pour être respectueux). Et si ce n’était pas assez clair, Joanne lui dit clairement à plusieurs reprises que le sujet « Léon » était sensible. Mais visiblement, Emile, quant il est curieux, il devient sacrément insistant (un gros forceur) : il lui pose des questions sorties de nulle part à des moments aléatoires pour en savoir plus sur la relation passée que Joanne entretenait avec Léon. Je n’ai pas compris, mais alors pas du tout. J’étais tellement agacée, je pense qu’à la place de Joanne, j’aurais quitté l’aventure.
Et puis de quel droit il devient si jaloux après 3 jours ensemble… Il voit Joanne (qu’il vient de rencontrer et qui ne lui a adressé que trois mots) parler à un inconnu à une station-service et la première chose à laquelle il pense c’est : Oh, Joanne parle à un homme, c’est forcément Léon (bah oui, Léon, l’ex de Joanne dont il ne connaît rien et qui qui habite à des kilomètres de là où ils se trouvent). Je veux bien qu’il perdre (littéralement) la tête notre pauvre Emile, mais quand même…
Pour en revenir à Joanne et son peu de caractère, je crois que c’est le personnage qui m’a le plus déçue. Au vu de sa description dans le résumé, je m’attendais à une femme un peu « bizarre » et originale, drôle, pleine de joie de vivre, mais j’ai visiblement très mal interprété la quatrième de couverture. Si elle devient attachante par la suite, que son histoire est triste et explique la raison de son départ de Bretagne pour suivre Emile, j’aurais quand même apprécié un caractère plus affirmé et un personnage plus mémorable.
J’ai été aussi très agacée par le personnage de Laura, l’ex de Emile, alors qu’elle n’est mentionnée qu’en souvenirs. Emile devait être sacrément aveuglé par l’amour… elle était insupportable. Dans un des souvenirs, Emile se remémore le mariage de son meilleur ami de toujours, Renaud. Et puis également du fait que Laura, offensée pour aucune raison, soit venue au mariage avec une tenue hors thème pour se « venger » (de rien, encore une fois, elle était en tort). Emile se rappelle particulièrement à quel point Laura ressortait sur les photos, tellement plus que la mariée. Alors oui, c’était un détail sur tout l’histoire mais ça m’a marquée tellement ça me paraissait inimaginable.
ATROCE CETTE FILLE.
Et Emile qui ne veut pas lâcher l’affaire, il ne fait que penser à elle et parler d’elle… alors qu’elle l’a quitté sans raison depuis DES MOIS (et que c’était une sale fille). Melissa aurait au moins pu rendre la mention de Laura toutes les quatre pages plus supportable en nous décrivant une fille appréciable (genre, elle était tellement adorable que ça expliquerait pourquoi Emile arrive pas à tourner la page).
Chapitre 19.
Je pense que l’histoire commence vraiment à partir de ce chapitre (et c’est des chapitres de parfois vingt pages… c’était une très longue introduction). En tout cas, il commence à se passer des choses et j’ai enfin réussi à entrer dans l’histoire et à ne plus avoir la désagréable impression de me forcer à lire (pire sensation pour quelqu’un qui aime lire, j’en parlerai dans mon livre).
Bon, dans ce chapitre 19, on commence par le point de vue de Joanne (pour la première fois), puisque Émile a disparu, et c’était rafraîchissant. Se centrer un peu sur sa vision des choses après presque 500 pages a permis de donner un nouvel élan à l’histoire. Et puis par extension on commence enfin à avoir des indices sur ce qui a bien pu se passer avec Léon… ENFIN (bon c’était un flash-back d’une phrase mais c’est déjà ça).
Petite précision qui s’impose : j’aime rédiger mon avis au fur et à mesure de ma lecture, ça me permet de noter chaque détail dont j’aurais pu ne plus me souvenir ou ne plus situer si je rédigeais tout une fois le livre reposé (et puis comme ça quand je suis frustrée je peux en parler… à mes notes de téléphone)
Bon, du coup on arrive à la révélation sur Tom Blue (toujours dans ce chapitre 19, ou au début du 20), et c’est là que j’ai donc commencé à apprécier ma lecture… c’est triste mais il se passait enfin quelque chose. Tom Blue, c’est un petit garçon dont Joanne parle à plusieurs reprises à Emile tout au long de l’histoire et qui a été surnommé ainsi car il regardait le ciel pendant des heures et peignait seulement en bleu.
Si je ne m’attendais pas à ce que Tom Blue soit en réalité le fils de Joanne, c’était néanmoins évident qu’il était mort. Je cite Joanne qui en parle à Emile dans les chapitres précédents : « Il est parti… ». Excusez-moi mais cette phrase, combinée à l’air triste de Joanne et au contexte dans lequel elle confie cette histoire à Emile… c’était même plus un sous-entendu, je ne sais pas comment Emile n’avait pas compris. En plus, comme sur le coup j’avais deviné qu’il était décédé, je ne comprenais pas pourquoi on se contentait de le mentionner soudainement puis de passer à autre pendant quelque chose comme 150 pages. Je ne comprends toujours pas d’ailleurs, mais ça rejoint le fait qu’il ne se passe rien pendant la première partie : dès qu’un élément intéressant était mentionné, on le survolait avant de passer à des descriptions de paysages et des trajets en camping-car.
MAINTENANT. Comment on apprend que Tom Blue est décédé et qu’il était le fils de Joanne et le fameux Léon ? Tout simplement parce que Joanne ayant disparu, Emile s’inquiète et finit par répondre à son téléphone en pensant que c’est Joanne qui essaie de joindre son propre téléphone car elle s’est perdue. Jusque là tout va bien. Sauf que non, c’était Léon. Et au lieu de raccrocher quand l’interlocuteur lui dit qu’il est Léon, Emile se permet de discuter avec lui et de lui poser des questions… jusqu’au bout celui-là. J’ai détesté le fait que cette histoire n’ait pas été révélée à Emile de la bouche de Joanne. Et puis après Joanne est persuadée qu’il a tout deviné tout seul et elle ne saura jamais que non, il a eu Léon au téléphone pendant qu’elle était partie.
Au moins, ça a fait ENFIN avancer l’histoire… peut-être un peu trop vite d’un coup.
Donc, pour resituer, Emile sait maintenant comment Tom Blue est mort, sait qu’il était le fils de Joanne, que Léon était le père et que Joanne l’a quitté car elle lui reproche la mort de leur fils. Alors Emile part à la recherche de Joanne, la trouve sur la plage en pleine « tempête » (il pleuvait beaucoup) et là il lui dit qu’il l’aime ?
Je n’ai même pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait, ça n’avait plus aucun sens. Soudainement, il l’aime. Déjà, j’aurais apprécié qu’ils développent une amitié forte, et non une relation amoureuse : pourquoi quand on a un homme et une femme ça finit toujours comme ça ? Je m’attendais à une belle histoire d’amitié homme/femme moi… mais non, encore une fois, il est visiblement impossible pour un sexe comme pour l’autre de ne pas tomber amoureux du sexe opposé quand on passe du temps avec (chose avec laquelle je suis en total désaccord).
Mais les choses ne s’arrêtent pas là, ils se rendent à la destination suivante et ils couchent ensemble. Tout ça en moins de 100 pages… après 500 pages où ils se sont parlé 10 fois. Le rythme n’a vraiment aucun sens, il ne se passe absolument rien pendant la moitié du bouquin et d’un coup ils sont amoureux et ils font l’amour. En plus, Joanne n’a même pas répondu à la confession d’Emile… d’ailleurs il me semble que jusqu’à la fin elle ne lui dit pas une seule fois qu’elle l’aime. Remarque, si un homme me balance soudainement qu’il m’aime comme si rien n’était dans un moment pas du tout approprié, je n’aurais pas répondu non plus.
Après ça, mon avis global du livre s’est tout de même amélioré (tout comme le rythme). J’ai vraiment adoré connaître le passé de Joanne et les raisons qui l’ont menée à suivre Emile dans son camping-car. C’était ma partie préférée de tout le livre (d’ailleurs dès qu’on sortait des flashbacks pour revenir à l’histoire principale j’étais déçue). Le père de Joanne était un excellent personnage, j’ai ressenti beaucoup de sympathie pour lui et je peux dire que ça a été mon personnage préféré.
La mort de Tom m’a beaucoup touchée, je l’avoue. Et Léon… mon dieu quelle horreur ce type. Au début, je le trouvais mignon, j’aimais bien suivre sa relation avec Joanne mais après ça, un type atroce. Un gros lâche. Presque aussi haïssable que Laura (ils se sont bien trouvés finalement Joanne et Emile avec leurs ex des enfers).
C’est tellement dommage que tout ça n’arrive qu’à 100 pages de la fin sur un livre de plus de 800 pages… toute la première partie aurait pu facilement être réduite de moitié ou rendue plus intéressante (les deux en fait). Je suis contente de ne pas l’avoir DNF et en même temps je me dis qu’il y en a surement certains qui l’ont fait et ont loupé le moment où le livre devient sympa. C’est dommage.
Je reviens au fait que je pense ne pas du tout être touchée par les paysages, le voyage… etc. Dès qu’on s’éloignait de l’histoire je me perdais dans ma lecture et pensais à autre chose, ça ne m’intéressait plus du tout.
Par exemple, j’ai dévoré la centaine de pages où Joanne et Émile sont chez Hypolite : il n’y a pas de paragraphes à rallonge sur les montagnes et les champs, seulement quelques descriptions justes des lieux qui aident à se plonger dans l’histoire. A côté de ça, on avait énormément d’informations utiles sur l’intrigue principale, il se passait enfin des évènements intéressants qui donnaient envie de lire la suite (c’est aussi le moment où la maladie de Emile s’accélère et leur relation change).
Mais ensuite ils quittent la ferme d’Hypolite pour aller dans un village écologique et… je suivais plus. On a droit à une explication de plusieurs pages sur le fonctionnement du village et je regardais les mots sans rien comprendre. Ça a cassé le rythme et j’ai recommencé à trouver la lecture longue et à m’ennuyer : description des cultures, du fonctionnement de la communauté, de la beauté du village… Alors qu’Emile était littéralement en train de perdre la tête, qu’on sentait que la fin approchait, qu’est ce que j’en avais à faire du village et des cours de méditation de Joanne ? Je voulais savoir comment ça allait finir !
P.S. Pas bien de ne pas avoir castré Pok (un chaton adopté en cours de route). Pok rencontre une chatte dans ce fameux village écologique (leur dernière destination) et Joanne se demande ce qu’elle ferait s’ils avaient des chatons… et bien castre-le ? Encore une fois, un simple détail, mais ça m’a tellement agacée quand on sait le nombre terrifiant de chatons abandonnés qui meurent dans les rues ou sont tués car on ne sait pas quoi en faire.
En résumé, gros gros problème de rythme sur toute l’histoire et des personnages pas très attachants. Mais si on oublie les 500 premières pages (ça fait beaucoup à oublier), l’idée était vraiment originale et aurait pu me toucher davantage si elle avait été mieux exploitée. J’ai quand même mis un généreux 3.25 (14/20 reste une excellente note) parce que l’intrigue initiale est très originale et que j’ai beaucoup aimé la fin du livre.
Je conclurai en disant : Léon tu es vraiment un harceleur et un horrible homme.

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