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Graveyard Shift, une nouvelle signée M.L. Rio

Photo du rédacteur: SUCHET Doriane
SUCHET Doriane
17 juil.
2 min de lecture

Suite à mon appréciation très récente du roman If we were villains, de M.L. Rio, j'ai réussi à me procurer une copie de Graveyard Shift, une nouvelle parue à la suite de son roman. Une nouvelle macabre et sombre, se déroulant en l'espace d'une seule nuit. Bien que la couverture soit assez dérangeante, je l'ai également trouvée attrayante et intrigante. Graveyard Shift s'inscrit dans la continuité de cette œuvre par son intérêt pour les espaces clos, les communautés d'initiés et la frontière poreuse entre le réel et l'imaginaire.


Le titre, littéralement « le quart de nuit » ou « la tranche de travail nocturne », convoque d'emblée une temporalité liminaire, celle des heures entre minuit et l'aube, espace symbolique de l'entre-deux propice aux récits de l'étrange. Ce choix lexical situe le texte dans une tradition de la littérature nocturne et gothique anglo-saxonne, où la nuit fonctionne moins comme décor que comme condition d'existence des personnages.


L'œuvre de M.L. Rio se caractérise par une écriture dense, nourrie de références littéraires et théâtrales, et par une construction narrative qui privilégie l'atmosphère sur l'action. Graveyard Shift s'inscrit dans ce cadre : le texte interroge les liens entre mémoire, identité et présence fantomatique, thèmes récurrents dans la production de l'auteure.


Du point de vue contextuel, la publication intervient dans un moment de renouveau de la fiction gothique et du dark academia en littérature anglophone, courant dont Rio est l'une des figures les plus identifiées, aux côtés d'auteurs comme Donna Tartt ou Susanna Clarke. Ce contexte éditorial et générique conditionne donc la réception de ce texte.


Dès les premières pages, nous nous retrouvons face à une œuvre intrigante, des personnages hauts en couleurs et une forte intertextualité. Les mentions de Sherlock Holmes ou Dr Jekyll et Mr Hyde nous mettent tout de suite dans le bain : nous nous retrouvons face à une œuvre qui n'a pas qu'un seul genre, mais qui se situe en vérité à la frontière entre fiction gothique et detective fiction.


Nos jeunes adultes se retrouvent dans un cimetière à proximité de leur université, seul lieu où ils sont autorisés à fumer. En se retrouvant ce soir-là, ils tombent sur un trou relativement profond. Servirait-t-il à enterrer un nouveau mort, alors même que le cimetière est désaffecté ? Aurait-on déterré un mort ? Pourquoi, alors qu'ils sont là depuis bien trop longtemps. Peu à peu, le récit bascule. Deux personnages deviennent les témoins d'une mystérieuse « activité nocturne » liée au trou, amorçant ainsi une réaction en chaîne. Cette succession d'événements resserre les liens entre les adultes, met au jour des secrets enfouis et installe une atmosphère persistante, partagée entre tension dramatique et solidarité. Je vais essayer de ne pas en dire trop, car cette histoire reste relativement courte, et je ne voudrais pas gâcher le plaisir de cette lecture. Le récit est bien ficelé, nous tiens en halène, nous permet d'en découvrir plus de façon très progressive. J'ai tout particulièrement apprécié la fin, très finement amenée. C'est un tout petit article pour cette fois, mais si vous aimez l'écriture de M.L. Rio, le gothique, les histoires un peu étranges et loufoques, les expériences scientifiques un peu border, cette nouvelle est parfaite pour vous !

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